L’émotion au bord du chemin

Depuis le début du XIe siècle, Compostelle, village de Galice en Espagne où se trouve le tombeau supposé de saint Jacques, est la destination d’un pèlerinage qu’empruntèrent des milliers de fidèles tout au long du Moyen-Age.

Aujourd’hui, ces chemins de la foi ne sont plus empruntés par les seuls pèlerins. De nombreux randonneurs entreprennent l’aventure, pour la beauté des paysages et du patrimoine exceptionnel qui les jalonne, pour la magie des rencontres.

Quatre chemins historiques se rejoignent à Punte Reina. Deux d’entre eux traversent la région Occitanie, Pyrénées-Méditerranée.

Tout commence au IXe siècle… 

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle : un pèlerinage venu du Moyen Âge

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle comptent quatre voies historiques dont le chemin d’Arles et celui du Puy-en-Velay. Ce pèlerinage remonte au IXème siècle.

Partir sur les chemins foulés par des millions hommes depuis des siècles. Marcher, avec pour horizon, la basilique de Compostelle où reposent les reliques de Jacques Le Majeur, apôtre de Jésus-Christ. A chacun son rythme. Certains mettront un peu plus de deux mois pour faire le trajet, d’autres, effectuant tronçon après tronçon, le feront en plusieurs années.

Epopée spirituelle

L’histoire de Compostelle débute au IXème siècle avec la découverte de la sépulture de Saint-Jacques. Une église est construite sur le lieu, les gens viennent s’y recueillir. Les croyants portant la gourde, tenant le bourdon, un large chapeau vissé sur la tête, arrivent de toute l’Europe.

Ils repartiront avec une coquille Saint-Jacques accrochée à leur vêtement. Signe de ralliement ? Preuve de l’exploit accompli ? Raison plus pratique ? Nul n’a la réponse avec certitude mais cette coquille est devenue l’emblème jacquaire. 

Au Moyen Âge, ce voyage est une épopée spirituelle dont l’importance rejoint celle des deux grands pèlerinages qui mènent au tombeau de Saint-Pierre à Rome ou au Saint-Sépulcre à Jérusalem. Foi chevillée au corps, désir de se surpasser, plaisir de faire une belle randonnée, aujourd’hui, les raisons ne manquent pas d’accomplir ce périple qui depuis un siècle fait de plus en plus d’adeptes.

Quatre voies principales

Le plus méridional, la Via Tolosana (GR653) ou Voie d’Arles, passe par Saint-Gilles et son abbatiale à la façade sculptée et au triple portail roman. Après l’abbaye de Gellone, joyau de l’art roman languedocien et le pont du Diable, la Via chemine par Toulouse et la basilique Saint-Sernin jusqu’au col du Somport.

La Via Podensis (GR65) démarre à la cathédrale de Puy-en-Velay qui abrite la célèbre Vierge noire, objet de culte et de pèlerinage. Son parcours est aussi ponctué de monuments et d’ouvrages d’art, le pont “des pèlerins” à Saint-Chély-d'Aubrac, le Pont Vieux d'Espalion, celui d’Estaing, le pont sur la Dourdou à Conques dont la splendide abbatiale veille sur le Trésor de Sainte-Foy, la cathédrale Saint-Sernin et le pont Valentré à Cahors, l'abbatiale de Moissac

Au départ de Narbonne, le chemin du Piemont Pyrénéen (GR 78) est une variante de la voie d’Arles. Il relie des hauts lieux de spiritualités, Carcassonne, Saint-Thibéry, Saint-Lizier, Saint-Just-de-Valcabrère, Saint-Bertrand-de-Comminges, Lourdes, la chapelle des Templiers d’Aragnouet…

Ces principaux chemins sont complétés par des chemins secondaires comme l’itinéraire de liaison entre la Voie d'Arles et le chemin du Piémont, la variante de Rocamadour, de Figeac à Cahors, celle du Célé, de Béduer à Cahors.

Un pont du diable sur la route

Mais avant d’arriver à Compostelle, le voyageur aura traversé des villes et villages, vu des paysages variés, rencontré bien d’autres marcheurs. Celui qui suit la via Tolosana découvre la cathédrale Saint Trophime d’Arles avant de se rendre à Saint-Gilles où l’attendent la façade sculptée de l’abbatiale romane et la crypte de l’abbaye bénédictine qui abrite le tombeau de saint Gilles.

Continuant son chemin, le marcheur fait étape à Vauvert ou à Gallargues-le-Montueux, arrive à Montpellier, traverse l’Hérault au Pont du Diable. Ce dernier est un magnifique ouvrage roman construit difficilement sur des gorges escarpées ce qui a fait naître la légende du Diable défaisant la nuit le travail des ouvriers.

Du pont, la vue est imprenable sur les gorges de l’Hérault. Encore quelques petits kilomètres et Saint-Guilhem-le-Désert apparaît, tel un joyau dans son écrin. Cernée de falaises, de rochers, de pitons, la petite ville au charme médiévale est lovée dans une vallée fermée par le cirque de l’Infernet. 

Château à porte sculptée

Avant la création de l’abbaye de Gellone par Guillaume, Comte de Toulouse, en 804, le lieu était désertique, rocailleux, sans végétation. Idéal pour ce guerrier qui voulait se retirer du monde. Rues étroites, place ombragée par un gigantesque platane, le village de pierres, regroupées autour de l’abbatiale qui abrite les reliques de son fondateur canonisé en 1066 sous le nom de saint Guilhem.

Passé ce village aux toits de tuiles rouges, un relief aride accueille le marcheur qui se dirige vers Usclas-du-Bosc et son château à la porte sculptée d’une coquille et d’une calebasse. Ensuite, direction Lodève avec sa cathédrale fortifiée Saint-Fulcran, pour rejoindre Toulouse, avant de franchir le Somport.

De plus en plus fréquentés par les pèlerins, les randonneurs et les passionnés d’art, les chemins de Compostelle ont vu soixante et onze de leurs monuments et sept de leurs tronçons inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Sur la via Tolosana, l’abbatiale de Saint-Gilles, le Pont du diable et Saint-Guilhem-le-Désert ont reçu cette distinction en 1998.

ACIR
Tél. 33 (0)5 62 27 00 05
www.chemins-compostelle.com

 

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