Le Pont du Gard, une histoire d’eau de 2000 ans

Le Pont du Gard n’est pas un monument figé. Il vit. Bals, concerts, visites, expositions, feux d'artifice, baignade… Inscrit au patrimoine de l'humanité, ce bijou de l'architecture romaine attire toujours la grande foule qui ne se lasse pas de l'admirer et de l'immortaliser au gré des saisons.

Visiter le Pont du Gard, c'est profiter d'un site naturel de référence pour le tourisme vert.

Inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, le Pont du Gard non loin d’Uzès, est le monument antique le plus visité de France.

Construit au premier siècle avant notre ère, il enjambe le Gardon et n’était qu’un élément de l’aqueduc de cinquante kilomètres, destiné à approvisionner en eau la ville romaine de Nîmes, située à quelques dizaines de kilomètres.

Alliance de puissance et de grâce, il s’impose avec évidence dans un environnement naturel exceptionnel. Garrigues, falaises creusées grottes, forêts de chênes verts, parcelles agricoles habillent les rives du Gardon. Le sentier de l'aqueduc suit le tracé de l’ouvrage antique, menant de vestiges en belvédères avec de jolis points de vue.

Le Pont du Gard, un géant de pierre

Le pont romain le plus haut du monde

Au 1er siècle après JC, celle que l'on appelait « Nemausus » et qui est aujourd'hui devenu Nîmes, est en plein essor. La ville a besoin de beaucoup d’eau pour les thermes, les bains, les fontaines, l’eau courante dans les maisons et… pour son prestige. Nîmes l’antique décide ainsi de se doter, comme Rome, d’un aqueduc qui va acheminer l’eau des sources de l’Eure près d’Uzès au Castellum nîmois. Ainsi est né le Pont du Gard, aujourd'hui l'un des plus beaux emblèmes de la culture romaine en France. 
  
Entre le bleu du ciel et le vert de la garrigue, il se dévoile soudainement au regard du visiteur. Paré de la couleur ocre de ses pierres accentuée par le soleil, l’édifice par son architecture force l’admiration. Le pont du Gard qui culmine à près de 49 mètres résume à lui seul le génie bâtisseur des romains qui construisirent là leur pont le plus élevé. Il est d'ailleurs aujourd'hui le seul exemple de pont antique à trois étages qui persiste du passé.

Il faut arrêter ses pas pour l’observer à distance et l’appréhender dans son ensemble. Adossé à deux versants verdoyants qu’il relie sur 275 mètres, bien ancré à sa base dans la roche brute du Gardon, le pont offre à la vue trois étages d’arches parfaitement alignées sur les deux premiers niveaux. L'architecture du Pont du Gard a ceci de particulier qu'elle ne masque pas le paysage, mais il le laisse transparaître. A bien y regarder, on remarque que les arches sont de tailles inégales, la plus large avec ses 24,5 m enjambe le Gardon qui coule paisiblement mais peut devenir tumultueux quand s’abattent de fortes pluies.

Conserver le site contre le pillage des pierres

Composé de six arches de plus de 21 mètres de haut, le niveau inférieur supporte les onze arches du deuxième étage, et surplombant le tout, se trouve une rangée d’arches plus étroites et plus basses que les autres. Elles soutiennent le canal recouvert de dalles qui permettait à l’eau de circuler. A l’origine au nombre de 47, les arches du Pont du Gard ne sont plus que 35 aujourd’hui, les autres ayant été détruites vraisemblablement aux alentours du XIIème siècle lors des pillages effectués pour récupérer les pierres qui servirent à l’édification d’autres constructions.

Le parcours de l’ouvrage est sinueux, il évolue sur 50 km dans un paysage de monts et de vallées qui exigèrent de gros travaux de terrassement et de comblement. Un exploit, vue la dénivellation qui sur tout le trajet n’excède pas 12,6 mètres, mais les romains étaient passés maîtres dans l’art de résoudre les problèmes techniques qu’ils pouvaient rencontrer. L’aqueduc ainsi réalisé sera pour sa majeure partie enterré, mais dix-sept ouvrages à ciel ouvert participeront à l’acheminement de l’eau.

Construction du Pont du Gard : mille ouvriers mobilisés

Laissons le visiteur poursuivre son chemin et partir à la découverte plus intime de cet imposant ouvrage. Mais conseillons-lui d’avancer doucement, de s’attarder, d’observer. Qu’il n’oublie pas de lever la tête pour découvrir les nombreux signes, dessins ou inscriptions laissés par les compagnons qui ont taillé et assemblé ces énormes blocs de pierres. Ils étaient nombreux ces ouvriers chargés d’édifier un tel monument, près d’un millier sûrement à extraire, transporter et tailler les pierres provenant de la carrière de l’Estel, située à quelques centaines de mètres du lieu de construction. On pense qu’il ne fallut pas plus de 5 ans pour que soit achevé l’édifice mais après, pendant près de 10 ans, il fallut effectuer des réglages et réparer des fuites.

L’ouvrage gigantesque n’aura pas une durée d’utilisation à sa mesure. Au IVe siècle, le manque d’entretien de la conduite où circule l’eau entraine l’apparition de dépôts calcaires qui au fil du temps finissent par endommager grandement le lieu. A partir du VIe siècle, l’aqueduc n’est plus qu’un monument à l’abandon.

Nouvelle jeunesse

Le Moyen Âge redonne vie au Pont du Gard en lui octroyant une nouvelle fonction, il devient un lieu de passage, permettant de franchir le Gardon à tous ceux qui d’Uzès se rendent à la foire de Beaucaire. Afin de faciliter la circulation des personnes, des animaux et des charrettes, les piles des arches du deuxième niveau sont échancrées et des rampes d’accès creusées sur chaque versant.

Aujourd’hui, on accède très facilement à ce niveau de circulation et on s’étonne de la largeur de la chaussée mais ce que le visiteur ignore sans doute c’est qu’il ne circule pas sur la partie romaine, mais sur le pont qui lui a été accolé. En effet, à la fin du XVIIe siècle, après tant de décennies de dégradations, des travaux sont effectués pour préserver le monument. Puis en 1743, l’ingénieur Henri Pitot débute la construction du pont routier adossé au monument historique. La véritable restauration du pont avec notamment le colmatage des échancrures faites aux piles, se fera en deux étapes entre 1843 et 1858.

En 1985, le Pont du Gard est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco. Depuis 2000, grâce à un projet d’aménagement, le Pont du Gard a retrouvé une nouvelle jeunesse... En 2004, les 165 hectares de verdure et d'espaces naturels sensibles du site du Pont du Gard lui ont valu d'être répertorié « Grand Site de France ». Le site fait également partie du périmètre « Natura 2000 Gorges du Gardon », notamment pour ses espèces animales (castor, avifaune...) et végétales (arbre de Judée) dont certaines sont protégées.

 

Office de Tourisme du Pont du Gard
Tél. 33 (0)4 66 37 22 34
ot-pontdugard.com

Où loger et que faire autour du Pont du Gard ?

Fééries au Pont

Le Pont du Gard s’embrase en juin à la tombée de la nuit. Son, lumière, pyrotechnie, personnages et structures de lumières, nous plongent dans une ambiance envoûtante. Chaque soir de l’été à 22h30 la mise en lumière du Pont ‘A la belle étoile’, prolonge la magie. Toujours sur le mode festif, l’esprit guinguette et ses airs de musette, de swing ou de tango argentin, invite à guincher chaque vendredi de l’été.

Tél. 33 (0)4 66 37 50 99
pontdugard.fr

En été, un site rafraîchissant

Le Gardon offre, au delà de l’espace aménagé avec cabane et radeau du site du Pont du Gard, de nombreux points de baignade. Quelques kilomètres en amont, dalles de pierre, plages de sable et de galets, falaises d’escalade, clubs de canoë et kayak, font de Collias un endroit très prisé des familles et des sportifs.

Un chemin de randonnée qui remonte le cours de l’eau invite à découvrir les gorges du Gardon. Il conduit à la grotte de la Baume, abritant un petit ermitage et sa chapelle. En contrebas, deux moulins témoignent de l'activité passée. Quelques aigles de Bonelli et des vautours percnoptères ont trouvé refuge dans les falaises, et le castor a investi les berges. Des animations nocturnes permettent de découvrir ce plus gros rongeur d’Europe.

Maison des Gorges du Gardon
Tél. 33 (0)4 48 27 01 00
gorgesdugardon.fr

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