Causses et Cévennes, des paysages de caractère

Ce vaste territoire qui se répartit sur quatre départements, la Lozère, l’Aveyron, l’Hérault, le Gard est le résultat d’une étroite relation entre l’homme et la nature. Les Causses et les Cévennes associent des paysages grandioses et une tradition culturelle désormais reconnus par l’Unesco.

Le Mont Lozère et le Mont Aigoual imposent leur relief tourmenté. Les causses, immenses plateaux calcaires hérissés de chaos rocheux, recouverts de pelouses et de landes sont creusés de gorges aux périples tumultueux… Les vallées cévenoles alignent leurs terrasses aux murets de pierres sèches, plantées de châtaigniers, de vignes, de mûriers et d’oignons doux. Ces paysages sont l’expression toujours vivace de l’agro-pastoralisme méditerranéen qui les a façonnés depuis l’Antiquité.

Pratiques ancestrales et tourisme vert

Sur les causses, la brebis tient la première place, s’y ajoute, sur les hautes terres, l’élevage bovin quand les chèvres investissent les vallées cévenoles. Les Causses et Cévennes recouvrent des sites naturels d’exception comme les Gorges du Tarn et de la Jonte, celles de l’Hérault, le Cirque de Navacelles. Les fermes isolées, les maisons regroupées en petit hameau, les drailles (chemins de la transhumance) contribuent au charme du paysage caussenard. Certaines drailles empruntent d’anciennes voies romaines, d’autres sont transformées en chemins de randonnée, parfaits pour une excursion des plaines aux hauts plateaux. Les gorges, elles, s’offrent à la pratique du canoë. Saint–Guilhem-le-Désert, les cités templières et hospitalières du Larzac enrichissent encore ce patrimoine exceptionnel.

Les merveilles du sous-sol

Ainsi, les Grands Causses se départagent en Causse Méjean, Causse noir, Causse de Sauveterre, Causse du Larzac. Les lieux laissent pantois : canyons, dolines, gouffres et chaos de rochers comme ceux de Montpellier-le-Vieux sont omniprésents. Ici, les rivières ont fait des caprices, quittant leur lit comme au cirque de Navacelles où la Vis a délaissé son méandre pour tomber en cascade à Navacelles. Le sous sol recèle des merveilles : l’aven d’Armand sur le Causse Méjean a une forêt de stalagmites unique au monde, la grotte de Dargilan dite grotte rose située sur le Causse noir, est impressionnante par sa taille, étonnante par ses concrétions et sa couleur, l’abîme de Bramabiau et sa rivière souterraine dite rivière du « Bonheur » est sidérant.

Découvrir les grottes de la région...

Il y a 4 000 ans !

Sur ces terres plus ou moins hospitalières, l’homme s’est installé très tôt. Dolmens, menhirs, outils en silex, attestent de son implantation dans la région. Ces premiers hommes sont des chasseurs et des cueilleurs. C’était il y a 4 000 ans. Les Celtes puis les romains s’y installeront ensuite suivis par les Wisigoths, les Francs et les Sarrasins qui vont se disputer le territoire. L’arrivée du Moyen Age va voir se développer la culture du châtaignier, arbre nourricier, « arbre à pain ». Cette culture entraîne un aménagement plus poussé des terres. Création de terrasses avec des bancals (murs de soutènement en pierres sèches), construction de canaux d’irrigations et de tancats en travers des cours d’eau.

Révolution industrielle

Ces techniques perdureront au cours des siècles et permettront de planter vignes et oliviers sur des terrains hostiles. Elles seront intensifiées au XVIème siècle, grande période de la culture du châtaigner et un système de drainage sera mis en place, mais le travail du cultivateur est rude, les fortes pluies entrainent la terre qu’il faut sans cesse remonter. Un défrichement massif s’effectue au détriment des espèces locales, hêtres et chênes, qui reviendront quand l’arbre à pain perdra son statut privilégié. Victime d’une maladie il est décimé et surtout, une activité bien plus lucrative entraine petit à petit son remplacement par le mûrier. Au XVIIIème siècle, la culture du mûrier est généralisée, elle permet d’élever les vers à soie qui vont faire la prospérité des Cévennes. Le paysage se ponctue alors de grandes magnaneries et de filatures qui subsistent encore aujourd’hui malgré l’abandon de la sériciculture.

Chèvres et moutons

Parallèlement à ces cultures, les hommes s’adonnent à l’élevage. Chèvres et bovins dans les Cévennes, brebis et moutons sur les Causses où des caves ont été creusées dans la roche pour l’affinage du Roquefort. Les bergers empruntent encore les drailles, chemins tracés par les troupeaux depuis des millénaires, les lavognes, mares artificielles où les animaux s’abreuvent accueillent encore ceux-ci lors des transhumances. Celles-ci se font plus rares, mais restent spectaculaires comme celles qui se pratiquent encore au Mont Lozère. Agriculture et élevage ont permis aux hommes de vivre ici, un travail en plein air que devaient peut-être envier ceux qui pendant ce temps, extrayaient le charbon des mines cévenoles. Un dur labeur dans les entrailles de la terre mais à la portée de ces hommes rudes, endurants et épris de liberté qui ont si souvent par le passé, souffert pour se défendre ou défendre leurs idées.

Milieu fragile

Témoin de ce courage, la guérilla menée au XVIIIème siècle par les réformés, des protestants qui ne voulaient ni se soumettre ni adjurer leur foi. Ils combattront les dragons de Louis XIV pendant trois ans. Ils ont pour eux une parfaite connaissance du terrain, tendent des embuscades et tiennent tête aux troupes royales. Celles-ci arrivent par la voie royale créée entre Saint-Jean-du-Gard et Florac, appelée « corniche des Cévennes ». Harcelés, emprisonnés, envoyés aux galères, les protestants cévenols résistent, se retrouvent en cachette pour célébrer leur culte et écouter les prophètes. Excédé, le roi décide d’anéantir la région, de nombreux villages sont brûlés. La violence s’installe. Il faudra attendre Louis XVI pour que la liberté de religion soit rétablie. Aujourd’hui les habitants de ces terres vivent toujours au plus près de la nature tentant de conserver certaines pratiques ancestrales comme l’élevage extensif. Le tourisme vert s’est développé grâce à la création de deux parcs. Le Parc national des Cévennes et le Parc naturel régional des Grands Causses tous deux protecteurs d’un milieu fragile, riche d’une faune et d’une flore remarquables.

www.causses-et-cevennes.fr 

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